Syroco réussit le premier vol de son prototype

Si vous êtes déjà venus assister à des cours ou à des stages de kitefoil dans notre école KGG à Hyères, nous avons eu l’occasion de vous faire goûter à la puissance et à la légèreté de ce type de ride. Laissez-nous maintenant vous présenter une équipe de passionnés qui a poussé le concept jusqu’à son extrême limite en projetant de faire naître un speedcraft censé « pulvériser » (ce sont leurs propres mots) le record du monde de vitesse à la voile. Au mois de janvier 2022, leur prototype s’est élevé avec succès au-dessus des flots.

Syroco réussit le premier vol de son prototype | École Kitesurf VarUne nacelle ultra-rapide qui file entre ciel et mer

À l’origine du projet : la start-up marseillaise Syroco et l’un de ses associés fondateurs, Alex Caizergues. Le caractère et le parcours d’Alex en disent long pour qui veut comprendre la genèse de cette tentative hors du commun. Après des années de domination sur la discipline, il détient le record mondial de vitesse en kitesurf. C’est donc une évolution logique pour ce sportif de haut niveau de s’attaquer au record absolu de vitesse à la voile.

Le prototype du Syroco qui a réussi à naviguer dernièrement est le résultat de la collaboration des membres de l’équipe. Chacun est un expert dans sa discipline et apporte sa pierre à l’édifice. Le principe qui permet à l’engin de se déplacer au-dessus des vagues est hérité du kitefoil. À ce détail près que le foil, au lieu de faire s’élever la capsule dans laquelle prendront place les deux pilotes, la tire vers le bas et la retient dans l’eau. Ce fort ancrage autorise le déploiement d’une voile impressionnante qui leur permettra (on leur souhaite) de conquérir le record qu’ils convoitent.

Des résultats de bon augure

Le speedcarft qui s’est élevé au-dessus de la mer était télécommandé. Pour la mise à l’eau finale, ce devrait être Alex Caizergues en personne qui tiendra les commandes dans le cockpit, secondé par son copilote. On comprend que pour ce premier test, l’équipe a préféré remplacer l’équipage par des commandes à distance, mais finalement tout s’est bien passé.

Pour faire s’envoler la capsule, pas de kite pour cette fois, mais un bateau équipé d’un mât de 5 mètres. La nacelle était reliée au mât et, quand le bateau a pris de la vitesse, elle s’est arrachée à l’eau et a commencé à flotter dans les airs pour le plus grand plaisir de toute l’équipe. La nacelle n’a pas fait preuve de déviations inquiétantes et s’est encore moins retournée, ce qui encourage Syroco à passer à la vitesse supérieure pour préparer le grand jour durant lequel ils s’attaqueront au record mondial de vitesse.

La perspective d’un record exceptionnel

En interview, Alex semble confiant dans la capacité de son bébé à faire à nouveau de lui le détenteur du record (il s’est fait voler la place en 2012 par Vestas SailRocket 2). Grâce à son équipe talentueuse, il compte faire monter l’engin à pas moins de 150 km/h, ce qui ne va pas seulement dépasser la dernière performance, mais la réduire en miettes !

Pour permettre au pilote et à son équipier de s’entraîner à manier le speedcraft sans prendre de risque, l’entreprise travaille sur un simulateur qui reproduit exactement le comportement du kite et du foil. Comme on le voit, les membres de cette start-up ne semblent jamais vouloir s’arrêter d’innover et de défricher de nouveaux territoires et de nouvelles technologies.

Toute cette énergie et cette ébullition technique et créative devraient déboucher à terme sur des brevets. Syroco compte sur la revente de la propriété intellectuelle des innovations découvertes pour rentabiliser ce projet de longue haleine.

Mais n’oublions pas que ce projet est né de la volonté d’un sportif de haut niveau, passionné par la mer, les éléments et la nature. Certes, battre le record absolu de vitesse à la voile s’ajoutera sur le CV d’Alex Caizergues à la liste déjà longue de ses exploits et projettera Syroco dans la lumière. Certes, les multiples innovations que l’équipe est en train de mettre au point dans le domaine de la navigation rentabiliseront certainement l’investissement financier de départ. Mais ce qui semble réellement motiver Alex pour le long terme, c’est que son entreprise, grâce aux techniques de navigation qu’elle est en train de mettre au point, devienne un acteur efficace de la transition énergétique dans le domaine maritime.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Contact us

Give us a call or fill in the form below and we'll contact you. We endeavor to answer all inquiries within 24 hours on business days.
[contact-form-7 id="5208"]